[Barkhane] Bourrasque, opération coup de poing - YouTube

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Bourrasque.
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À l'image des intenses tempêtes de sable qui parcourent le territoire africain de long en large durant l'année,
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c'est une nouvelle démonstration de force collective qui aura permis de porter un coup dur à l'état islamique au grand Sahara (EIGS).
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La veille du départ pour six semaines d'opération et au sortir de la saison des pluies,
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c'est notamment un Groupement tactique désert fort de plus de trois mois de présence  
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qui s'apprête à lancer sa dernière offensive.
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Partout sur la Base opérationnelle avancée de Ménaka, les troupes s'attellent aux derniers préparatifs, notamment sur leurs matériels.
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Je suis en train d'approvisionner toute l'eau pour l'opération.
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Il faut six bouteilles d'eau par personnel.
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Vu qu'on part pour l'opération, je prends juste le strict minimum pour les prochains jours et on sera approvisionné après.
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Tous les blindés sont très compacts. Si c'est le bordel, on ne pourra pas tout mettre.
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Vous voyez on est obligé d'ajouter des caisses sur les côtés.
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C'est très compact, il faut vraiment tout ranger minutieusement un peu à la Tétris.
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Un tétris à taille réelle, ou comment résumer l'un des plus gros défis de la logistique.
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Que cela soit pour les vivres ou pour l'essence,  les pièces de rechange ou encore les armes,
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tout nécessite d'être à sa place car le groupement  doit être opérationnel partout et tout le temps, durant les six semaines.
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Un défi quotidien. Surtout quand la météo y met son grain de sable.
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Tout est une préparation minutieuse. Moi je suis en train  de nettoyer mon armement parce qu'il y a eu une tempête de sable hier.
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La veille d'un départ, on se dit surtout qu'il faut être prêt le lendemain matin à l'heure dite.
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Il y a quand même toute une phase de préparation qui a été faite largement avant hier, donc normalement chacun sait déjà cadrer l'action.
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Mais c'est une opération qui est usante, c'est abrasif mais  en fait l'usure, finalement, ça fait aussi partie  
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du métier et surtout ça n'empêche pas d'avoir la  volonté d'aller au feu et je pense que les gars ils l'ont.
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Ils l'ont parce qu'en plus ils ont acquis une certaine expérience au cours  
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des différentes opérations et que maintenant je  pense qu'ils savent de quoi ils sont capables.
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Dans cette zone d'action partagée  entre les frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso,
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la coopération avec les forces partenaires et le G5 Sahel est un essentiel.
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Ils sont motivés. Sur cette mission là, ils sont bien préparés.
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C'est leur troisième sortie opérationnelle avec nous après la  formation qu'ils ont eue.
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Et en terme d'état d'esprit, ils ont compris ce qu'on  attendait d'eux et ils ont compris comment travaillait Barkhane.
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Tout le monde est content, même de se retrouver maintenant.
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Il y a des têtes qu'on retrouve  donc ils sont contents de nous revoir et de repartir.
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L'unité malienne dont parle le capitaine Guillaume
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fait partie des quatre Unités légères de reconnaissance et d'intervention, les ULRI, formées par Barkhane.
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L'une d'entre elles s'est engagée aux côtés de la Task Force  Takuba, cette unité de forces spéciales européennes
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mise en place à l'été dernier. Les ULRI ont été créées pour pallier le  manque de mobilité des troupes maliennes
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et leur permettre de se ré-articuler rapidement à moto.
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Et ce pour intercepter un ennemi  dont c'est le principal mode de transport.
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Harcèlement en profondeur, ratissage des zones  identifiées, fouilles et arrestations si besoin,
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imposer une présence constante à l'ennemi est  ici le leitmotiv du déploiement des forces.
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On doit faire attention aux moindres traces qu'on peut trouver :
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traces de pas, traces de pneus.
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Dans les buissons on a trouvé un téléphone portable. Donc tu nous gardes bien le personnel en visu, tu ne le lâche pas.
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Un téléphone portable, donc il l'a jeté en passant devant le buisson, en faisant semblant d'être un fermier qui se baladait avec son troupeau.
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Là on fait un ratissage pour  voir s'ils n'ont pas laissé
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que ce soit de la logistique, donc ça peut être  de l'essence, de la nourriture.
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Et c'est souvent le cas. Les terroristes préfèrent abandonner leurs biens plutôt que de se frotter à la force.  
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Car ici et depuis quelques temps, l'ennemi est en  position de survie.
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Le combat, il n'en use que si la situation l'exige ou l'y oblige.
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On a eu un renseignement qui nous donnait une position ennemie dans le secteur ici, pas loin.
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On a encerclé la position pour voir si l'ennemi était encore là. On a trouvé pas mal de traces ; des motos, des treillis.
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Des choses qui laissent penser qu'il était là il n'y a pas très  longtemps et qu'ils sont certainement partis.   
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On vient de déceler un passeport, par terre.
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Mais parfois, ce sont plus que de simples soupçons ou arrestations, comme le 6 novembre dernier, en fin de journée, quand un drône Reaper,   
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alors en vol de surveillance, est orienté pour caractériser un  rassemblement suspect.
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Les renseignements obtenus permettent alors de conclure à la présence de terroristes.
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Un groupe d'une trentaine de commandos montagne sera envoyé sur place pour boucler la zone, appuyé par des moyens aériens.
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Ce lien air sol est indispensable pour le bon déroulement de  la mission, car ce sont eux les yeux de Barkhane.
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L'action va durer la moitié de la nuit et va permettre de dresser un bilan important :
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la neutralisation de nombreux terroristes ainsi que d'importantes saisies dont des moyens de communication et bien sûr des motos.
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Les dernieres reconnaissances et les derniers ratissages ont été menés à bien.
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Comme toutes les autres opérations d'envergure, Bourrasque a été menée par le Centre opérationnel interarmées (COIA)
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positionné à N'djamena, au Tchad. Mais pas  uniquement.
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Pour la première fois, un poste de commandement de circonstance s'est monté à Niamey, au Niger.
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Un centre de conduite des opérations réduit, alimenté par la force interarmées, les partenaires et les alliés.
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Ce poste de commandement avancé, c'est d'abord une nouveauté. Un PC avancé interarmées et interalliés, ça n'existe  pas en doctrine.
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Donc il a fallu le créer de toutes pièces, ce PC avancé.
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Il y a d'abord une phase de planification, avec une première  question qui est "pourquoi créer un PC avancé ?"
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Et bien il permet de commander au plus près. Non pas  de commander au plus près géographiquement  
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parce qu'on est installé à Niamey et quand même  assez loin de la zone d'opération,
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mais surtout de commander au plus près tactiquement  et donc pouvoir coordonner les unités.
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Trois mille hommes ont été déployés durant cette  opération, dont près de la moitié sont issus des forces partenaires.
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Confortés par les présences alliés des américains, britanniques et danois  
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c'est cette coopération qui progressivement, vient  créer l'effet de masse et cette saturation de la zone,
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nécessaire à l'asphyxie des groupes armés terroristes.
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Bourrasque a donc été l'outil de l'intensification des partenariats de combat mais a également permis de mettre sur pied
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le premier engagement opérationnel et le début du transfert de la zone à la Task Force Takuba.
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Tout cela, en offrant aux forces armées maliennes et nigériennes, un succès tactique les rendant plus autonome dans le contrôle de leur territoire.
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Le défi sahélien est difficile et le terrorisme ancré dans ses formes diverses,
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mais le combat pour la paix continue.