Le Japon ne s'est pas rendu qu'à cause des bombes atomiques - YouTube

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Le 6 et le 9 août 1945, deux bombes atomiques larguées par des
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bombardiers de l'armée des Etats-Unis, frappent les villes japonaises de
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Hiroshima puis Nagasaki les détruisant presque totalement.
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Quelques jours plus tard le 15 août 1945, l'empereur japonais Hirohito annonce à
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la radio la capitulation du Japon. Il met ainsi fin à la Seconde Guerre
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mondiale. Le lien entre ces deux événements :
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les bombes atomiques d'une part et la capitulation japonaise de l'autre, paraît
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souvent évident et logique. Pourtant on oublie souvent un autre
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événement essentiel qui pousse alors le Japon à se rendre : l'entrée en guerre de
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l'URSS et la conquête très rapide de la Mandchourie qui s'en suit. En effet
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l'URSS compte attaquer le Japon depuis bien avant la disparition de l'Allemagne
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nazie en Mai 1945. Déjà lors de la conférence de Yalta en
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Février, Staline annonce finalement qu'il attaquera le Japon trois mois après la
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défaite de l'Allemagne. C'est le temps qu'il faut à l'Union
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soviétique pour transférer des quantités importantes de troupes et de matériel, de
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l'Europe vers l'Extrême-Orient. Ainsi en août 1945 l'armée rouge
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concentre plus d'1 5 million d'hommes, 5000 blindés, 86000 véhicules et 3800
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avions à la frontière de la Mandchourie japonaise. Or la Mandchourie est
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essentielle pour le Japon, ses centres industriels ont été plus ou moins
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épargnés par les bombardements étasuniens, et sur place l'armée du Kwantung, composée
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de plus de 700000 hommes avec plus de 2000 avions, est une des dernières forces
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importantes de l'armée japonaise. Cependant elle est mal équipée et
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manque notamment d'armement antichar. Cette armée japonaise choisit la
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stratégie défensive et souhaite mener une guerre d'usure en cas d'offensive
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soviétique. Pour cela les Japonais établissent de
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nombreuses positions défensives, leur but est de retarder l'armée rouge à
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la frontière, le temps pour eux de se replier dans les montagnes à la
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frontière coréenne, jugées plus favorables pour affronter les blindés soviétiques
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et les y arrêter pour de bon. Ils négligent cependant la défense de leur frontière
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avec la Mongolie, ce qui n'échappe pas au renseignement
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soviétique. Le 9 août 1945 à minuit l'armée rouge
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débute son offensive généralisée contre la Mandchourie.
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Il y a trois assauts : un vers l'ouest depuis la province située au bord de la
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mer du japon, l'un vers le sud en franchissant le
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fleuve amour, et le plus gros de l'offensive vers l'est depuis la
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Mongolie. L'artillerie et l'infanterie sont concentrées au nord et à l'est pour
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faire tomber les positions fortifiées sur la frontière, alors qu'à l'ouest ce
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sont principalement des blindés pour l'offensive principal qui doit prendre
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les Japonais de vitesse. Pendant que l'aviation harcèle les arrières de
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l'armée japonaise. Le 11 août les Soviétiques lancent aussi l'assaut sur la
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moitié sud de l'île Sakhaline et débarquent au nord-est de la Corée.
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Les Japonais sont vite débordés et leur stratégie défensive est un échec.
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L'infanterie japonaise fanatisée va jusqu'à contre attaquer par des charges
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à la baïonnette et se jeter sous les chars soviétiques avec des charges
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d'explosif. Mais cela n'empêche pas l'armée
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japonaise de s'écrouler face à l'offensive soviétique. Pour le Japon
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c'est une catastrophe, mais les Etats-Unis sont soulagés, ils
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pensent que la guerre est loin d'être finie mais qu'elle a été écourtée par
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l'offensive soviétique. Ils poursuivent dans le même temps leurs
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préparatifs pour débarquer au Japon à la fin de l'année 1945 et au début de 1946.
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Au palais impérial japonais, la nouvelle des deux bombes atomiques, de
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l'entrée en guerre de l'URSS et de son offensive fulgurante se suivent de près.
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Cela pousse la cour à prendre le pas sur les militaires qui veulent aller
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jusqu'au bout. L'entourage de l'empereur le pousse à capituler
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afin de préserver la monarchie, ce qui est chose faite le 15 août. Après la
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capitulation, le prince Naruhito Higashikuni est
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nommé premier ministre. Devant le parlement
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il affirme que l'entrée en guerre de l'URSS a mis le japon dans une situation
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sans issue. Pourtant très vite une autre version de
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l'histoire prend le dessus : comme l'affirme le texte de la capitulation
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japonaise c'est pour sauver le Japon des armes inhumaines des Etats-Unis,
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à savoir les bombes atomiques, que l'empereur a capitulé. L'oubli volontaire
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du rôle soviétique dans la capitulation du Japon est ensuite lié à la
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situation politique. D'abord en septembre 1945 les Etats-Unis
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écartent l'URSS de la future occupation du Japon, il faut donc lui enlever toute
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légitimité à réclamer une quelconque participation dans les décisions sur
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l'avenir du Japon. De plus la Guerre froide prend
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rapidement le dessus et là aussi il est de bon ton de minorer la participation
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soviétique à la victoire. Donc même si l'offensive soviétique et
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sur le moment un soulagement pour les Etats-Unis qui saluent ouvertement cette
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action qui permet de mettre définitivement et rapidement hors de
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combat le Japon, celle-ci n'a pas été retenu comme l'événement majeur qui a
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poussé le Japon à capituler. D'une part les bombes atomiques sont
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spectaculaires et les Etats-Unis veulent mettre en avant cette puissance qu'ils
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sont les seuls à posséder, et d'autre part cela permet au Japon de se placer
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en position d'agressé, de préserver la monarchie et de passer sous silence ses
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propres conquête et exactions.